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Un kärchérisé de la République

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"Un coup à gauche, un coup à droite, et double K.O"

Par Un kärchérisé de la République :: 30/04/2007 à 10:31

Un coup à gauche, un coup à droite, et double K. O

 

 

 

Depuis ces dernières années, le vote des français d’origine africaine était souvent assimilé à la gauche. Mais cette dernière a énormément déçu : assistanat, infantilisation, éducateurs spécialisés, assistante sociale, etc. La gauche est perçue aujourd’hui comme la cause du délitement social, du laxisme, de l’échec des jeunes issus des quartiers défavorisés. Dans l’esprit de beaucoup de jeunes, elle est symbolisée par SOS racisme ou NPNS (Ni putes, ni soumises), mettant en avant la figure du beur cool.

 

Pourquoi est-ce qu’elle a des difficultés aujourd’hui à redorer son image ?

C’est sous Jospin qu’il faut voir le premier K. O.

En effet, par là est passé le 11 septembre, et toute la campagne de 2002 s’est axée sur l’insécurité, le terrorisme, faisant le lit du FN. Il y a eu quelques mesures, quelques réformes timides, des erreurs sous le gouvernement Jospin, comme les 35 heures, les emplois jeunes, la multiplication des CDD, de la précarité, etc. Il y a eu aussi l’incident de Jospin au Liban, taxant le Hezbollah (le parti d’Allah) de mouvement terroriste, ce qui a été diffusé dans le monde arabe, et a eu des répercussions au niveau de l’image  de la gauche, perçue comme pro israélienne. Et surtout, cette gauche n’a pas réussi, aujourd’hui encore, à intégrer les minorités visibles au sein de son parti, alors qu’elle se revendiquait anti-raciste, pour la mixité, etc.

 

Le second K. O viendra avec le gouvernement Chirac, dont le bilan est stagnant. Avec son ministre des finances puis de l’intérieur, N. Sarkozy, s’annonçait des changements, notamment la création très critiquée du CFCM (conseil du culte musulman). Les Français de confession musulmane votèrent alors plus à droite, voyant un signe à leur encontre. Des minorités visibles apparurent dans le parti de l’UMP, telles que Tokia Saïfi, Aïssa Dermouche, puis Azouz Begag, avec comme arrière fond le débat sur la discrimination positive.

Puis, il y a eu les débats hystériques sur le voile, donnant un vote à l’unanimité contre. Et après, les sifflements contre un Sarkozy au Bourget, à l’occasion des meetings annuels organisés par l’UOIF. Le CFCM qui bat de l’aile. Une radicalisation du discours du ministre, « le nettoyage au kärcher des racailles », « la délinquance est génétique », des privilèges non accordés au peuple comme faire une analyse d’ADN pour retrouver les voleurs du scooter de son fils. Ajouter à cela un faux bilan sur la diminution de la délinquance, une mauvaise méthode pour y remédier, un mauvais diagnostic, la systématisation des arrestations, des emprisonnements,  l’instrumentalisation des victimes, un vœu d’une société sous très haute surveillance. On risque d’avoir une société marquée par une nouvelle frontière intérieure, la déviance. Chacun sera fiché dès son plus jeune âge, et sera catalogué comme tel. Pas de réhabilitation, d’insertion, de pardon. La politique du tout ou rien.

 

Dernièrement au meeting de l’UMP à Bercy, le dimanche 29 Avril 2007, à l’approche du second tour des élections présidentielles, Mr Sarkozy affirma, en croyant lancer une pointe à la gauche, « Que lors des incidents des banlieues, La gauche avait dit qu’il y avait un fossé entre la jeunesse et la police. Mais les délinquants ne représentent pas toute la jeunesse de France ! ». Certes, mais ils font néanmoins parti de la jeunesse de France. Comme l’écrit le magistrat Serge Portelli (www.betapolitique.fr), « Le pays qui se profile est un pays profondément divisé. Car la vraie profonde rupture est là : dans une nouvelle frontière intérieure qui séparerait deux catégories d’individus : les citoyens ordinaires et ceux de seconde zone. Du bon côté de la ligne, « les normaux ». De l’autre, « les déviants ». Ici, ceux qui ont réussi, les riches, les puissants, les chanceux, les « méritants », pour lesquels l’Etat donnera le meilleur de ce qu’il a. Là-bas, du mauvais côté, les exclus, les ratés du système, tous ceux qui a un moment donné de leur vie ont failli, ceux qui, un matin plus dur qu’un autre, n’ont pas réussi à se lever assez tôt, pour lesquels l’Etat se montrera « implacable ». Mais tous ceux aussi qui ne correspondent pas au model idéal. (…) Car la frontière ne sera pas seulement celle de l’argent. Elle sera aussi et surtout celle de la déviance. (…)On pense au délinquants : les autres. Mais depuis Outreau, beaucoup de français se demandent avec inquiétude s‘ils ne peuvent pas faire parti du jour au lendemain des autres.

(…) Le projet le plus révélateur de Nicolas Sarkozy est la détection précoce du trouble du comportement chez les enfants. Cette façon de penser les individus, puis de les traiter dans des catégories étanches où chacun est placé en fonction d’une inadéquation à un modèle idéal est à la base de ce projet de société. »

 

Rien d’étonnant, on sait très bien que Mr Sarko a une admiration pour le système policier et carcéral américain, qui fonctionne par fichage, par race. Beaucoup ont retenu sa franche accolade avec son homologue G. W. Bush. On sait qu’il est pro atlantiste, admirateur de « l’axe du bien », qu’il est pour une politique ultra libérale, que son frère était au MEDEF, etc.

 

Enfin, le choix entre Sego et Sarko, ce n’est pas la joie : l’une souriant benoîtement et donnant des réponses vaseuses, l’autre plus petit de taille, mais grandes ambitions, tel un Napoléon (ou un Hitler, moustache que les militants anti-Sarko lui rajoutaient sur les affiches), gesticulant à tout va, au charisme puissant. Voilà la France de demain qui se profile.

 

Dans les banlieues à forte population d’origine africaine, beaucoup voteront  Sego, par habitude, pour avoir des aides, le chômage, le RMI, quelle panacée ! Ceux qui voteront aussi, et surtout, ce sont tous les fonctionnaires biens planqués, pour sauver leurs privilèges.

Et beaucoup de gens, d’origine maghrébine, voteront Sarko, marre de l’insécurité, de ces jeunes qui n’ont plus de principes, plus de valeurs, etc. Parce que Sarko est plutôt conservateur et se dit chrétien.

Quoiqu’il en soit, Sarko était ministre de l’intérieur, et personne n’a vu de réels changements : trafics en tout genre, police qui laisse faire les vrais dealers, qui les emprisonne puis les relâche. Beaucoup de parents immigrés y voient une volonté politique de pourrir le quartier. Comme on dit au Maghreb « Lorsqu’une tomate pourrit, c’est tout le cageot qui pourrit ». Déjà la gauche donnait ce sentiment de délaisser ces quartiers, la droite n’aura pas fait mieux, sauf des interpellations, des provocations, des bavures plus nombreuses.

De toutes façons, Gauche droite, c’est le K.O, quand même.

 

Assemi Djamel

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