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Un kärchérisé de la République

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L'oiseau noir et l'oiseau blanc

Par Un kärchérisé de la République :: 18/07/2007 à 11:36

 

                  

L'oiseau noir et l'oiseau blanc

 

« L'oiseau noir et l'oiseau blanc
Au ciel vivaient en paix
Ils ne font jamais semblant
De vivre en liberté

J'aimerais pouvoir le suivre
Tout là-haut, cet oiseau libre
Que j'entends chanter dans le bleu du ciel
Dès que je m’éveille

(...)
Ils partagent le meilleur
Dans un cri de joie
La différence de couleur
Ca n'existe pas

L'oiseau noir et l'oiseau blanc
Au-dessus des frontières
Quand ils chantent en même temps
C'est pour la terre entière 


(...)
L'oiseau noir et l'oiseau blanc
Sont faits pour s'aimer
Ils traversent l'océan
Pour se retrouver

Ils ne viennent pas au monde
Dans le même nid
Mais c'est dans la même ronde
Qu'ils tournent aujourd'hui

L'oiseau noir et l'oiseau blanc
Sont faits pour s'aimer
la la la la la la..... »

Morceaux de chanson interprétée par Mike Brandt.

 

 

 

 

Effaré, l'enfant voyait son père regarder la télévision: les images de cadavres calcinés, de terrorisme, d'avions bombardant des maisons, des soldats contrôlant les gens à chaque barrage ou check-point improvisé, défilaient comme un cauchemar insupportable.

Son père se retourna, et surpris de le voir debout si tard, lui demanda:

« _Tu ne dors pas?

_Il fait trop chaud, lui répondit-il en soupirant. Papa dis-moi pourquoi les arabes et les juifs se font tout ça?, demanda le jeune garçon.

_C'est une triste histoire mon fils, répondit le père étonné que son fils puisse s'intéresser si jeune à ce conflit. »

Il lui fit signe de s'asseoir près de lui. Il prit le temps d'ouvrir une bouteille de lait bien frais, et en versa dans les deux verres posés sur la table. Les images continuaient de défiler. Il éteignit la télévision.

Puis, d'une voix grave et sérieuse, il lui demanda calmement:

« _Pourquoi me demandes-tu cela, fiston?

_Parce qu'on me dit à l'école, que nous les arabes, nous n'aimons pas les juifs.

_Ils ont tort. C'est compliqué...Tout commença, il y a très très longtemps. Comme le dit la chanson, l'oiseau noir et l'oiseau blanc, vivaient en paix. Au lieu de te parler des juifs et des arabes nommément, je vais essayer de te raconter cela sous forme de conte, que je vais improviser...

N'as-tu pas remarqué comment se mélangent les oiseaux noirs et les oiseaux blancs dans notre ville? », L'enfant acquiesça.

« Or si aujourd'hui, ils sont de plus en plus acceptés, tolérés, sache qu'il n'en a pas toujours été ainsi...

Autrefois, on reprochait aux oiseaux le fait qu'ils mangent des récoltes, qu'ils attirent d'autres prédateurs. On les chassait. On les montrait du doigt. On leur reprochait de salir, d'avilir, de pervertir la ville. Pourtant, les enfants les aimaient, les admiraient. Et les hauts responsables s'en aperçurent, et commencèrent à mobiliser la population. L'un d'eux, un petit homme à la moustache sévère, était plus engagé, et utilisait des légendes pour faire peur au public, et les convaincre de les exterminer. Il en profita, vu le contexte de crise économique, de dire que les oiseaux aggravaient la situation, voire même qu'ils en profitaient ou qu'ils en étaient les premiers bénéficiaires.

Dans les autres villes avoisinantes, on savait ce qui s'y passait, mais on ne disait rien, parfois même on partageait ses idées.

Au plus fort de la campagne anti-oiseaux, les autres villes livrèrent leurs volatiles par milliers, sachant le sort qu'ils allaient connaître.

Il ne s’agissait plus de les chasser. Il y eut même une campagne d'extermination! Des milliers ont été capturés et brûlés vifs. Personne ne s'en ému, sauf quelques humanistes et autres écologistes. Puis, le petit homme pris dans sa folie de pouvoir, décida d'exporter ses idées dans les autres villes, voire le pays tout entier. Il y eut même une guerre. Heureusement que certains habitants résistaient. Il y en avait même qui avaient caché des oiseaux dans leur caves, loin de la folie des hommes.

Mais jamais personne ne jugea tous ces hommes pour les oiseaux qu'ils avaient brûlé. Le seul reproche qu'on leur fit, était d'avoir troublé l'ordre des autres villes et causé des dégâts. D’avoir en quelque sorte, des appétits de pouvoir immenses.

Quant aux oiseaux, après le calme revenu, on décida de leur trouver une terre d'asile, loin des villes. Pendant longtemps, on hésita: « où les envoyer? », se demandait-on. On pensa à plusieurs foyers en montagne. Puis, on se souvint qu'ils étaient originaires d'Orient, il y a très très longtemps. A vrai dire, on ne sait pas vraiment d’où sont originaires tout les oiseaux. Ils émigrent tellement.

Les habitants d'Orient les connaissaient. Il y en avait dans leur ville. Ils ont toujours eu de très bons rapports avec eux. Mais en Orient vivaient principalement des oiseaux noirs. Les blancs étaient minoritaires.

Comme le dit la chanson, l'oiseau noir et l'oiseau blanc, au ciel vivaient en paix.

Mais devant cet afflux d'oiseaux blancs, l'oiseau noir s'inquiéta. Puis l'oiseau blanc s'imposa de force, et par la force des choses, beaucoup d'oiseaux noirs s'exilèrent vers des camps dans d'autres territoires. Ils ne furent pas bien accueillis.

Les habitants d'Orient se plaignirent auprès de l'Europe: « Pourquoi nous envoyez-vous tous vos oiseaux? »

Plus personne en Europe ne les voulait. On dit « plus jamais ça », mais tout le monde était satisfait qu'ils soient si loin. Toutefois, il reste encore quelques foyers d'oiseaux blancs dans nos villes. Mais, ils sont minoritaires. On leur préfère les pigeons, parce qu'ils sont dociles et manipulables comme des moutons.

Aujourd'hui, les européens et les pigeons regardent les oiseaux blancs et les oiseaux noirs s'entretuer, pour une histoire de territoire, oubliant que sur nos terres d'Europe ils subirent un crime et une injustice plus grande.

Ça pourrait être si simple, comme le dit la chanson. Mais malheureusement, tu vois le résultat. »

Il eut un soupire de résignation. Et l’enfant demanda à nouveau :

« _ Pourquoi alors, est-ce que l’oiseau noir est mal aimé ?

_Ah, bonne question, Dit le père. S’il est mal aimé c’est parce qu’il a une réputation maléfique, de machiste, d’obscurantiste, etc. On dit même qu’il aime le sang, qu’il est charognard.

_C’est pour cela qu’on dit de lui qu’il ne veut jamais faire la paix ?

_Oui, à cause de cette réputation.

_Ah d’accord. Je comprends mieux maintenant. Et pourquoi est-ce que l’oiseau blanc représente la paix malgré tout ? Après tout, c'est lui qui est allé là-bas.

_ C'est vrai qu'on dessine souvent l'oiseau blanc avec un laurier au bec. Il est devenu le symbole de la paix.

_Comment cela se fait-il ?

_Beaucoup disent que c'est la terre de ses ancêtres, que c'est écrit dans la bible

_Alors Dieu accepterait-il tout cela?

Il y eut un moment de silence.

_Oui Dieu nous a laissé le libre arbitre,savoir déterminer le bien et le mal. L'oiseau blanc s'est longtemps considéré et se considère encore comme l'élu. Mais il faut savoir aussi que les européens s’en veulent beaucoup de les avoir massacré. Aujourd’hui, ils les laissent faire à leur guise. Et puis, à vrai dire, qui est-ce qui aime les oiseaux noirs. Ils font si peur aux enfants.

_Papa, est-ce que nous sommes considérés comme des oiseaux noirs ? »

Le père surpris, décontenancé, pris à son propre jeu de paraboles, jouant à l’apprenti conteur, esquissa un sourire gêné.

L’enfant en déduit la réponse et comprit alors pourquoi ses camarades étaient si méchants avec lui.

Enfin, se ressaisissant, le père lui dit :

« Ne laisse jamais dire quelqu’un ce que tu n’es pas. Ils croient te connaître. Mais dis-toi, qu’un jour ou l’autre, l’oiseau noir et l’oiseau blanc seront à nouveau frères, comme dans la chanson. Et que, ce qui se passe là-bas, n'est que le résultat de l'histoire que je viens de te raconter. Toi et moi, nous n'y sommes pour rien. Mais si nous nous taisons, alors nous ne serons pas mieux que les autres, qui ne savent qu'accuser. »

 

Assemi Djamel

 

 

 

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